Cher Monsieur,

Je viens de prendre connaissance de votre message. Je comprends votre réaction.

Je souhaite vous rappeler que notre position concernant la candidature de la Turquie à l’Union Européenne a toujours été très claire : nous sommes contre l’adhésion de la Turquie. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de le réaffirmer, encore une fois et publiquement sur RTL lundi, la veille de la décision d’ouverture des négociations.

L'UMP, lors du Conseil national du 9 mai 2004 à Aubervilliers sous la présidence d'Alain Juppé, et à nouveau lors du Conseil du 6 mars 2005 sous ma présidence, a fait connaître sa position à ce sujet : OUI à un partenariat privilégié, un partenariat stratégique avec la Turquie, NON à une adhésion. Cette position exprimée lors d'un vote par 90% de nos conseillers nationaux n’a pas changé. Ce partenariat était expressément prévu par le projet de Constitution européenne que les Français ont rejeté.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la Constitution prévoit que la définition de la politique étrangère fait partie des responsabilités du président de la République, dont il a seul la charge.

Cependant nous devons vous rappeler que :

· Les négociations qui commencent ne doivent en aucun cas être considérées comme le début d’une adhésion pure et simple.

· Le moment venu, dans 10 ou 15 ans, le peuple français aura à approuver ou pas par référendum les conclusions de la négociation. C’est une garantie supplémentaire donnée par la Constitution française.

· Il faut l’unanimité des 25 Etats membres en cas de nouvel élargissement.

Les Français seront amenés à se prononcer en 2007 sur de nouvelles orientations. Je veux vous dire ici que je reste le porteur de vos craintes et de vos espoirs. J’ai entendu et compris votre message.

Très cordialement

Nicolas SARKOZY,

Président de l’UMP