Nicolas Sarkozy serait-il abattu ? Le ministre de l'Intérieur a suscité un nouveau début de polémique, hier, en n'assistant pas au Conseil des ministres. Malmené par Dominique de Villepin, la veille, devant le groupe UMP à l'Assemblée, le numéro deux du gouvernement s'est excusé pour cause de migraine. « Il n'y a que cette explication, qui est très rationnelle et peu politique », a assuré son bras droit, Brice Hortefeux, le ministre délégué aux Collectivités territoriales. Cela n'a toutefois pas empêché le président de l'UMP de recevoir Brigitte Bardot en fin de matinée pour discuter des conditions d'abattage des animaux pendant les fêtes musulmanes. L'après-midi, Nicolas Sarkozy a également séché la séance des questions au gouvernement pour participer à une réunion des sénateurs UMP. Il a ensuite repris, comme prévu, le cours de son programme. « Ce n'est pas parce que j'ai une migraine qu'on doit en faire un événement », a-t-il affirmé. Bernard Accoyer, le président du groupe UMP à l'Assemblée, a même volé à son secours en demandant « avec force » d'« arrêter de chercher à créer des polémiques à tout bout de champ ». Reste que, sur le plan politique, Nicolas Sarkozy paraît traverser une mauvaise passe. Après avoir longtemps caracolé en tête des sondages, il a été rattrapé par Dominique de Villepin, lequel se pose en sérieux rival à moins de deux ans de la présidentielle. Le Premier ministre, en outre, ne se prive plus d'étriller sa thématique de la « rupture », poussant l'intéressé à s'interroger sur sa stratégie. Plusieurs études ayant montré que son image était associée à l'impatience, il s'attache à calmer le jeu et à baisser le ton. «L'opinion publique veut que je ne cède sur rien, mais sans casser la vaisselle », a-t-il affirmé la semaine dernière. Nicolas Sarkozy tentera aujourd'hui de se refaire une santé à l'étranger, en Libye. Une visite centrée sur la question de l'immigration clandestine, qui doit lui permettre, au passage, de peaufiner son image d'homme d'Etat.