On n'a pas le droit de parler de religion en disant que c'est la solution aux problèmes de délinquances ou d'apaisement absolu. Il faut rappeler les revers de toute religion en même temps que dire qu'elle peut apporter un grand bienfait.

Laïcité: Nicolas Sarkozy plaide pour une présence d'élus locaux dans les associations qui gèrent les associations cultuelles musulmanes



A l'occasion d'un colloque sur le centenaire de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, le ministre de l'Intérieur estime qu'elle «peut supporter un toilettage». La loi sur la laïcité de 1905 «peut nécessiter des adaptations», a estimé lundi 19 septembre le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui de à nouveau demandé que les musulmans français obtiennent «les moyens de gagner leur indépendance». «La loi de 1905 est une bonne loi», a-t-il affirmé à l'ouverture d'un colloque organisé par l'Académie des sciences morales et politiques pour le centenaire de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais, a-t-il ajouté, «si un texte est aussi fort qu'on le dit, il peut supporter un toilettage». Les textes «peuvent être adaptés sans que soit brisé le moins du monde le consensus autour d'eux», a-t-il ajouté, en jugeant que «jamais un ministre de l'Intérieur ne s'est senti autant ministre des cultes». Il a affirmé que cette loi n'en était pas une «de prohibition. Elle est une loi de liberté», critiquant l'attitude d'un ancien ministre qu'il n'a pas nommé qui, «au nom de la loi de 1905, avait refusé de pénétrer dans une église». «Baliverne, erreur fatale, contresens parfait, c'était ne rien avoir compris à la laïcité à la française», a commenté Nicolas Sarkozy, clamant n'avoir «pas cette vision de combat d'une laïcité sectaire qui viserait à protéger la société civile» des religions. Au contraire, a-t-il ajouté, elle «a apaisé, car elle a reconnu des droits». Parallèlement, «il y a un siècle, la France était celle des campagnes, il y avait les instituteurs et le curé, on allait à la communale et après au catéchisme, aujourd'hui, c'est celle des banlieues, il y a toujours l'instituteur, mais il est souvent seul», a affirmé Nicolas Sarkozy. Le ministre, chargé des cultes, est notamment revenu sur le sort des quelque cinq millions de musulmans français qui ont «moins de moyens» que les autres religions et doivent «se tourner vers l'étranger» pour s'organiser. «Donnez-leur les moyens de gagner leur indépendance», a-t-il lancé. Il a également plaidé pour un «rôle plus important» des conseils municipaux, notamment par la présence d'élus dans les associations qui les gèrent. «On sait alors ce qui s'y passe et on évite toute influence étrangère», a-t-il dit. Nicolas Sarkozy a par ailleurs salué le «premier pas» constitué par la création de la fondation pour les oeuvres de l'Islam de France. Ce fonds, créé en mars par Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, doit permettre aux musulmans de France d'assurer le financement de leur culte.

Lu sur Iranian Quran :



Service international : Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a estimé lundi que le texte de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat peut supporter un toilettage. Selon le rapport de l’agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant ‘‘AFP’’, ‘‘Nicolas Sarkozy’’, le ministre de l’Intérieur dit : « cette loi a été adoptée dans un climat de combat, alors qu'un siècle plus tard, nous sommes dans un climat d'apaisement, de la société civile face à la question des religions. En un siècle, la France a changé ». « Si la loi de 1905 est un bon texte, un texte fondateur, important, solide, alors, si un texte est aussi fort qu'on le dit, il peut supporter un toilettage. Les textes peuvent être adaptés sans que soit brisé le moins du monde le consensus autour d'eux », a-t-il ajouté. Elle est une loi de liberté, dit-il en critiquant l'attitude d'un ancien ministre qu'il n'a pas nommé qui, au nom de la loi de 1905, avait refusé de pénétrer dans une église. "Baliverne, erreur fatale, contresens parfait, c'était ne rien avoir compris à la laïcité à la française", commenta M. Sarkozy, revendiquant n'avoir pas cette vision de combat d'une laïcité sectaire qui viserait à protéger la société civile des religions. Cette loi de 1905 "est une bonne loi, qui l'est devenue plus qu'elle ne l'a été, elle s'est bonifiée, mais une bonne loi n'est pas une loi figée, on garde les fondamentaux puis on les adapte. Prenant la défense ‘‘Sarkozy’’ dit : « Mais il faut aller encore plus loin et cesser l'hypocrisie pour séparer l'islam de France des influences étrangères. Donnons aux musulmans les moyens d'avoir leur indépendance.

La loi de 1905 n'est pas une loi de prohibition



Pour Nicolas Sarkozy, «la loi de 1905 n’est pas une loi de prohibition, mais une loi de liberté». « L’esprit de la laïcité à la française, c’est le droit de croire et de le transmettre à ses enfants, et le droit de ne pas croire. À égalité», affirme-t-il. Et de récuser l’idée d’une possible mainmise des religions sur le pouvoir politique. «C’est mal connaître les religions en France que de croire qu’il y a une menace des religions sur la vie politique française !» s’exclame-t-il, avant de défendre vigoureusement son action de ministre en charge des cultes, notamment avec la mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM). «Trop autoritaire ? Un peu d’autorité dans notre société ne fait pas de mal », explique le ministre qui préfère toutefois mettre en avant son «volontarisme». «Une grande éminence de l’Église catholique (le cardinal Jean-Marie Lustiger, alors archevêque de Paris) m’a même accusé de mettre en place une religion d’État, rappelle-t-il. C’est tout le contraire : à partir du moment où on organise la diversité, il ne peut y avoir de religion d’État.»

Car, rappelle le ministre de l’intérieur, la France a beaucoup changé en un siècle : «La France de 1905 était catholique. La France de 2005 est majoritairement catholique, mais elle est multiple. » En ligne de mire : les musulmans, alors quasi inexistants en métropole, et qui seraient aujourd’hui près de 5 millions sur notre territoire : «Doit-on considérer que les derniers arrivés doivent s’adapter à la loi de 1905 et qu’ils n’ont aucune spécificité ? Les fils et les filles de ceux qui ont bâti nos routes et construit nos voitures ont moins de moyens : ils se tournent donc vers l’étranger, ce qui est dangereux.» Refusant une «identité humiliée qui est une identité radicalisée», Nicolas Sarkozy plaide pour que le culte musulman soit aidé.

C’est dans cette optique qu’il a repris sa distinction toute personnelle – déjà esquissée en ouverture de la rencontre de Sant’Egidio la semaine dernière à Lyon – entre fondamentalisme et intégrisme. Vu par le ministre, «un fondamentaliste est quelqu’un qui croit fondamentalement. En quoi l’engagement fondamental d’un catholique qui va à la messe tous les matins met-il en danger la République ?» Du coup, «il ne devient intégriste que quand il veut plaquer sa réalité sur celle de l’autre : c’est là qu’il devient dangereux et doit être combattu», enchaîne Nicolas Sarkozy, qui voit les religions en France «comme un facteur d’apaisement». «C’est une vision assez rarement défendue», a-t-il reconnu devant les académiciens, avant d’appeler les Français à ne pas avoir peur de la diversité. Une diversité que la loi doit donc prendre en compte. «Il ne faut pas la figer, une loi figée est une loi vieillie», a-t-il conclu.