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Sans citer Villepin, le président du parti majoritaire a demandé à ses rivaux d'avoir «le courage d'affronter la concurrence» pour l'investiture à la présidentielle Sarkozy «ne cédera pas» sur le vote des militants (Le Figaro)

Rien de tel qu'un bon sondage pour retrouver le moral. Samedi matin, alors qu'il s'apprête à accueillir, comme chaque mois, les nouveaux adhérents de l'UMP, Nicolas Sarkozy savoure le sondage Ifop que Le Journal du dimanche publie le lendemain. Pour 69% des sympathisants du parti majoritaire, il est «le meilleur candidat pour représenter l'UMP à la prochaine élection présidentielle». Cinquante points de plus que Dominique de Villepin, cité par 19% des sondés ; soixante de plus que Jacques Chirac (9%). «Voilà qui remet les pendules à l'heure», commente un de ses collaborateurs alors que, depuis le début du mois, des vents favorables semblent souffler en faveur du premier ministre.

Le numéro deux du gouvernement feint en tout cas de ne pas redouter la progressive mise en orbite présidentielle de son nouveau rival. Villepin remplace-t-il Jacques Chirac mercredi à l'assemblée générale de l'ONU ? «S'il suffit d'aller à l'ONU pour rencontrer les Français, c'est impeccable !», ironise Sarkozy, toujours persuadé de garder une longueur d'avance grâce à son contact direct et constant avec les militants et l'ensemble des Français.

«Rien ni personne ne m'empêchera d'aller jusqu'au bout», disait-il à La Baule il y a une semaine. Avec l'UMP, le ministre de l'Intérieur est convaincu de disposer de l'arme lui donnant les moyens de sa détermination. Face aux quelque 1 500 nouveaux adhérents venus samedi salle Gaveau, il a donc redit sa ferme intention de mettre en place une consultation des militants sur le choix du candidat à l'élection présidentielle. «Je ne céderai pas. Il y aura un congrès en janvier 2007. Vous donnerez votre opinion pour choisir celui ou celle» qui portera les couleurs de l'UMP, a-t-il martelé. D'où l'importance pour lui d'engranger de nouvelles adhésions : 51 000 depuis son élection à la tête du parti, ce qui permet aujourd'hui à l'UMP d'afficher 162 100 adhérents.

Sans jamais citer le nom de Dominique de Villepin, ni ceux qui, tels Jean-Louis Debré ou Michèle Alliot-Marie, réfutent l'idée d'un vote des militants pour la présidentielle, le président du parti a enfoncé le clou : «Quand on postule à l'honneur de représenter sa famille politique dans le combat ultime qui est celui de l'élection présidentielle, le moins qu'on puisse faire, le moins qu'on puisse accepter, c'est d'avoir le courage d'assumer la concurrence, d'expliquer ce qu'on veut et de gagner la confiance de sa famille politique.»

A l'issue de son discours, Nicolas Sarkozy a précisé auprès de quelques journalistes qu'«il ne s'agit pas de primaires, mais d'une investiture. S'il y a plusieurs candidats dans le parti, les militants voteront, mais je comprends tout à fait qu'on puisse se présenter en dehors du parti».

Reprenant son message de La Baule et de sa conférence de presse économique, le président de l'UMP s'est une fois encore posé en tenant de la «rupture». Le décalage entre cette posture et sa présence au gouvernement ne semble d'ailleurs pas le troubler. «Les gens ont bien compris que je ne suis pas aux commandes, a-t-il confié. Ils voient bien qu'il y a deux rythmes pour conduire le changement : celui de la continuité et le mien.»

/////////////// Villepin sur RMC ///////////////////////////////////////////

Dominique de Villepin continue à afficher ses différences avec Nicolas Sarkozy, tant sur l'élection présidentielle de 2007 que sur la lutte contre le chômage en France ou la fiscalité.

Le Premier ministre, qui a assumé pendant une heure les fonctions d'animateur sur RMC et répondu aux questions des auditeurs, a réaffirmé qu'il n'était pas candidat à l'élection présidentielle mais a battu en brèche la théorie sarkozienne d'un candidat adoubé par un vote des militants de l'UMP.

"Comme gaulliste, ma conviction, c'est que l'élection présidentielle, c'est la rencontre entre un homme et un peuple. Les partis ont un rôle à jouer pour l'expression du suffrage mais, dans le cadre de l'élection présidentielle, c'est d'abord une rencontre", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, président de l'UMP et présidentiable déclaré, a averti samedi qu'il "ne céderait pas" sur le mode de désignation du candidat soutenu par son parti à l'élection présidentielle, qui sera choisi par les militants eux-mêmes lors d'un congrès en janvier 2007.

Dominique de Villepin, dont la montée en puissance fait rêver les chiraquiens qui ne se résignent pas à la mainmise de Nicolas Sarkozy sur la droite, a une nouvelle fois affirmé qu'il n'était pas aujourd'hui candidat à l'élection présidentielle.

"Ma réponse est invariable, la question ne se pose pas. Je ne me la pose pas pour une raison simple, c'est que le président de la République m'a confié une mission, cette mission, c'est celle du gouvernement de la France dans une période difficile chacun le sait (...) Je suis tout entier à ma tâche".

LE PLEIN EMPLOI ? "UN OBJECTIF RÉALISTE"

Trois mois après son arrivée à Matignon, Dominique de Villepin a réfuté les critiques de ceux - nombreux chez les partisans de Nicolas Sarkozy - qui dénoncent son entrée sur la scène politique alors qu'il ne détient aucun mandat électoral.

"Dans la démocratie et dans la République qui est la nôtre, (...) c'est l'esprit et la lettre de la Constitution, c'est le président de la République qui choisit le Premier ministre et il est arrivé que le président de la République choisisse quelqu'un qui n'a pas d'expérience du suffrage universel, c'était mon cas, c'était le cas de Georges Pompidou", a-t-il expliqué.

"Ce qui compte, et ce qui est la clé dans nos institutions, c'est la confiance entre le président et le Premier ministre. Si j'ai accepté, c'est parce que j'ai estimé que dans cette période, à quelque deux ans de l'échéance présidentielle, il y avait un formidable effort pour moderniser notre pays" a-t-il dit.

Le Premier ministre, qui a fait de la bataille contre le chômage la priorité de son gouvernement, a pris de vitesse le président de l'UMP, qui avait estimé la semaine dernière en présentant son programme économique qu'il était possible de ramener le taux de chômage à moins de 5% en dix ans, "c'est-à-dire revenir au plein emploi".

"C'est un objectif réaliste. Avec un peu de chance, un peu de croissance, il n'y a pas de raison d'attendre dix ans", a assuré Dominique de Villepin.

Le chômage au sens du BIT touche aujourd'hui 9,9% de la population active en France, selon les derniers chiffres rendus publics par le ministère de l'Emploi.

Sur la fiscalité, Dominique de Villepin a jugé que la retenue à la source de l'impôt sur le revenu était "une évolution à laquelle nous devons travailler" mais a ajouté qu'il fallait réfléchir car le contribuable pouvait avoir le sentiment d'être "soumis à l'alea fiscal avec plus de force".

Il a réaffirmé qu'une réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune n'était "pas la priorité du gouvernement", qui se préoccupe "des effets de la fiscalité sur l'emploi".

A une auditrice qui évoquait la discrimination à l'embauche, il a répondu ne pas croire que la discrimination positive, chère à Nicolas Sarkozy, soit "la solution".

Par ailleurs, dans le dossier du carburant cher, Dominique de Villepin a annoncé que son gouvernement allait "apporter des réponses" aux agriculteurs, marins pêcheurs et taxis.