Incendie à Paris: Nicolas Sarkozy demande la fermeture des squats

AP | 30.08.05 | 20:51

REIMS (AP) -- Après le nouvel incendie qui a tué sept personnes dans un immeuble délabré à Paris, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'est prononcé mardi pour la fermeture des squats. La préfecture de police a annoncé l'évacuation "dans les tout prochains jours" des immeubles et squats les plus dangereux. "Il faut fermer tous ces squats et tous ces immeubles pour arrêter ces drames, et c'est ce que j'ai demandé au préfet de police parce que ce sont des êtres humains qui sont logés dans des conditions inacceptables", a-t-il déclaré en marge d'un déplacement de Jacques Chirac à Reims (Marne). "A force d'accepter des gens malheureusement à qui on ne peut proposer ni travail ni logement, on se retrouve dans une situation où on a des drames comme ça", a-t-il déploré, sans préciser toutefois comment seraient relogées les personnes expulsées des squats. La préfecture de police de Paris a annoncé dans un communiqué qu'elle allait "mettre en oeuvre dans les tout prochains jours, en lien avec la ville, un dispositif d'urgence pour prévenir de nouveaux sinistres". Dans cet objectif, elle va "poursuivre l'évacuation des immeubles et squats les plus dangereux". En outre, la préfecture va "renouveler aux propriétaires des immeubles dégradés des prescriptions fermes de remise en état dans des délais contraints" et "organiser des visites des bâtiments signalés, par les services de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris". En cas de nécessité, des détecteurs de fumées seront installés dans les parties les plus exposées au risque d'incendie, précise-t-elle. Les propos de Nicolas Sarkozy ont été jugés "préoccupants et lourds de menaces pour toutes celles et ceux qui se trouvent aujourd'hui dans la précarité", a réagi Pierre Henry, directeur général de l'association Terre d'asile qui juge que "cela ressemble à s'y méprendre à une provocation". Pour lui, "la seule manière de sortir des difficultés actuelles serait d'élaborer un plan alliant sorties des logements insalubres et régularisations. Cela suppose de ne pas faire de surenchère idéologique dans ce dossier délicat mais de travailler avec l'ensemble des partenaires associatifs et institutionnels dans la durée, la discrétion et la modération. Trois vertus que Nicolas Sarkozy semble ignorer". AP