Sarkozy blinde son appareil a gagner l élection (ou a la perdre) de 2007 en virant la jeunesse de l UMP qui ne serait pas d accord avec lui.

Les Jeunes populaires rentrent dans le rang sarkozyste

L'élection d'un nouveau président, lors de l'université d'été en septembre, sera l'occasion d'évincer les chiraquiens.

Par Stéphane ALLIES



Dernier bastion institutionnel de la résistance chiraquienne, les Jeunes populaires s'apprêtent eux aussi à rejoindre le giron sarkozien. Après un an de bisbilles internes, le mouvement de jeunesse de l'UMP devrait connaître un tournant décisif, lors de son université d'été à La Baule, le 2 septembre. Marie Guévenoux, présidente de l'organisation et juppéiste, a décidé de démissionner de son poste, pour rejoindre le cabinet de Brigitte Girardin, ministre de la Francophonie. Cette ancienne attachée parlementaire d'Alain Madelin n'entrait plus dans la ligne du parti définie par Nicolas Sarkozy.

Agée de 28 ans, elle avait bénéficié d'une ultime modification statutaire, juste avant la prise de pouvoir du nouveau président de l'UMP en novembre dernier, se faisant élire le 3 septembre 2004 à la tête des Jeunes populaires, pour un mandat de deux ans. Légitime certes, mais trop contradictoire avec la nouvelle orientation des «grands». C'est elle qui, au congrès du 8 février 2004, avait accueilli le président d'alors, Alain Juppé, d'un «Bienvenue chez vous, monsieur le président», avant d'installer Sarkozy au milieu des cornes de brumes militantes, résonnant dans son oreille à chaque mention du nom de Juppé, alors en difficulté judiciaire. Un comportement que Sarkozy ne lui pardonnera pas, décidant de reprendre la main sur l'organisation. Après avoir envisagé de dissoudre le mouvement, il a créé en mars 2005 une commission «nouvelle génération», pilotée par les deux benjamins de l'Assemblée nationale, Edouard Courtial et Laurent Wauquiez. Puis, dans chaque fédération, il a commencé un travail de sape des responsables départementaux locaux. Jusqu'à la démission de certains, comme en Ile-de-France, où deux juppéistes, Julie Decroix et Maël de Calan, annoncèrent dans un courrier interne : «En totale contradiction avec les orientations fixées par Nicolas Sarkozy, qui valorise avant tout l'action et les résultats, il semble que la fédération de l'UMP souhaite écarter ceux des cadres qui n'ont pas été nommés par elle.»

Après un an de luttes intestines, Marie Guévenoux s'est retirée, laissant la place à un successeur au nom peu prédestiné, Fabien de Sans-Nicolas, qui devrait prendre ses fonctions le 2 septembre. Avec ce nouveau président, auparavant responsable départemental de l'Isère, la «machine à gagner» tant souhaitée par les sarkozystes pourra s'appuyer sur un rouage en adéquation avec son leader. Et les cornes de brume retentir aux moments opportuns.