Sarkozy veut changer de ton à l'égard du Président
Par Webloguer, mardi 2 août 2005 à 22:27 :: Strategie Presidentielle et accords :: #63 :: rss
Ses proches le mettent en garde contre une image de «diviseur» «Les Français ont bien compris que Nicolas était contre Chirac. Mais il y a aussi une fraction légitimiste de l'électorat de droite qui n'a pas besoin d'être choqué toutes les semaines», avance son ami, le sénateur UMP Roger Karoutchi.
Jean-Louis Debré et Nicolas Sarkozy ont loué tous les deux une villa au Pyla, sur le bassin d'Arcachon... Mais aucune entrevue pour sceller la «paix armée» n'est prévue entre les deux hommes, dont l'un est le gardien du temple présidentiel et l'autre le premier postulant à la succession de Jacques Chirac. Jean-Louis Debré est d'ailleurs monté en première ligne, au début du mois de juillet, pour riposter à Nicolas Sarkozy. L'accusant de «dénigrer» Jacques Chirac au point de «miner» l'action du président de la République et de «ruiner» celle du gouvernement. Nicolas Sarkozy, dont les relations sont détestables avec le président de l'Assemblée nationale, n'a sans doute pas prêté l'oreille aux fulminations du fidèle de Jacques Chirac, mais il a pourtant décidé de mettre de l'eau dans son vin.
Après la polémique sur la réforme de l'ISF, menée par l'un de ses proches, Pierre Méhaignerie, et les allusions à Louis XVI se réfugiant dans son atelier pour «démonter les serrures à Versailles pendant que la France gronde», le président de l'UMP estime depuis quinze jours que le temps est venu de temporiser avec le «Château». Sa stratégie d'offensive à tout va reste à l'ordre du jour, assure son entourage, mais Nicolas Sarkozy s'efforcera de ne pas «diaboliser» l'Elysée et de s'en tenir aux sujets de fond, ceux qui dessinent la «société ouverte» du futur présidentiable. Un choix tactique qui rappelle les lendemains du 14 juillet 2004, quand le président de la République avait asséné à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, un comminatoire «Je décide, il exécute».
L'intéressé avait ravalé son envie d'en découdre sur les conseils de son entourage, qui le dissuada de tomber dans le piège d'une guerre ouverte. Aujourd'hui, après s'être vigoureusement démarqué depuis trois ans du président de la République, Nicolas Sarkozy aurait choisi d'écouter son entourage qui le met en garde contre son image «fébrile» et «obsessionnelle», chaque fois qu'il met en cause le président.
«Les Français ont bien compris que Nicolas était contre Chirac. Mais il y a aussi une fraction légitimiste de l'électorat de droite qui n'a pas besoin d'être choqué toutes les semaines», avance son ami, le sénateur UMP Roger Karoutchi. «La difficulté pour Nicolas, c'est de se distinguer de Chirac sans être le diviseur», ajoute un autre. «Paix improbable, guerre impossible», résume Patrick Devedjian en citant Raymond Aron, qui définissait ainsi les relations entre les Etats-Unis et l'URSS dans les années de la guerre froide...
Cette trêve peut-elle passer l'automne? Le premier test de la rentrée sera pour Nicolas Sarkozy de savoir s'il doit démissionner de la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine. «Il sera intéressant de voir si Jacques Chirac continue d'avaler son chapeau comme il l'a fait en acceptant le cumul de la présidence de l'UMP et d'une place au gouvernement», sourit déjà un sarkozien. Ou si, sommé de renoncer à sa présidence, Nicolas Sarkozy se saisit de ce nouveau casus belli pour défier le président.
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