M. de Villepin résiste à la concurrence de M. Sarkozy
Par Webloguer, mercredi 27 juillet 2005 à 20:06 :: Strategie Presidentielle et accords :: #61 :: rss

"La vitesse, le pragmatisme et le courage : les deux hommes ont finalement la même méthode"
Après les réserves de l UDF quant au futur candidat Nicolas Sarkozy, la montée en puissance de Devillepin pourrait faire s inverser les sondages...Mal servi par ses déboires personnels, Nicolas Sarkozy risque de payer cher son agitation permanente, savamment entretenue par les hommes de Chirac. Danger pour Sarko, ca sent le retournement de tendance si cela doit continuer comme cela pour Devillepin.
Article : L'ensemble du dispositif d'aide à l'emploi du premier ministre, Dominique de Villepin, sera, comme promis, opérationnel au 1er septembre 2005.
Même jour, même heure : Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy ont l'un et l'autre convoqué la presse, mercredi 27 juillet à 15 heures, pour rendre compte de leur action. Mais pas au même endroit... Comme promis, le premier ministre devait tenir à Matignon sa deuxième conférence de presse mensuelle, centrée sur l'emploi et la lutte contre le terrorisme. Au même moment, le ministre de l'intérieur, président de l'UMP, sera pour la troisième fois dans le quartier de la Courneuve, qu'il avait promis de "passer au Kärcher" au lendemain du drame de la mort du jeune Sidi-Ahmed.
Hasard du calendrier ou marquage à la culotte ? "Peu importe, ils passeront tous les deux au journal de 20 heures" , plaisante l'entourage de M. Sarkozy. Aux 20 heures certainement, mais dans quel ordre ?
"La vitesse, le pragmatisme et le courage : les deux hommes ont finalement la même méthode" , assure un ministre qui les observe avec amusement. "La force de Villepin, c'est de couper l'herbe sous le pied de Sarkozy. Ce dernier n'a plus le monopole de la vitesse et du parler vrai" , ajoute-t-il. Réconcilier les Français avec l'action politique : c'est l'objectif commun que disent poursuivre les deux hommes. Le ministre de l'intérieur aime les résultats chiffrés en termes de délinquance ou d'immigration clandestine. Le premier ministre s'impose, lui, des objectifs de délai pour mettre en place les actions de la lutte contre le chômage.
"CAPABLE DE COMMANDER"
Mercredi, le premier ministre pourra s'en targuer : l'ensemble de son dispositif d'aide à l'emploi, et notamment le contrat nouvelles embauches, sera, comme promis, opérationnel au 1er septembre. En deux mois ont été dévoilé le plan, votée la loi d'habilitation et signées les ordonnances. Celles-ci seront présentées au conseil des ministres du 2 août, le dernier avant les vacances gouvernementales. Ne restent plus à prendre que quelques décrets qui le seront tous avant la fin du mois. "Enfin, Matignon vit au rythme de l'économie, c'est un rythme de gouvernance moderne" , se réjouit Renaud Dutreil, le ministre des PME. "Les Français veulent des réponses tout de suite" , analysait déjà le premier ministre à son arrivée.
"Peut-être que ça ne marchera pas mais, au moins, on aura essayé" , souligne l'entourage du premier ministre. De la bonne volonté : c'est justement ce que les Français semblent reconnaître au nouveau premier ministre. C'est parce qu'ils le jugent "honnête" , "courageux" et "capable de commander" , selon les enquêtes d'opinion, que M. de Villepin, qui avait été privé d'état de grâce, progresse semaine après semaine. Et qu'il espère combler peu à peu le handicap constaté à son arrivée à Matignon. "Il a été sous-estimé" , constate Jean-François Copé, ministre du budget. "C'est un homme déterminé, préparé à sa mission. Il a une grille de lecture et d'action dont il coche patiemment les cases" , ajoute-t-il.
Patiemment, M. de Villepin tente aussi de corriger le tir à l'égard de sa majorité, et notamment des parlementaires UMP. Très largement ralliés à Nicolas Sarkozy, qui leur apparaît comme la seule chance de victoire de la droite en 2007 et donc comme l'opportunité de conserver leur siège, ils révisent peu à peu leur jugement sur le premier ministre. Celui qu'on disait méprisant à l'égard des élus du suffrage universel ne ménage pas sa peine. Présent aux réunions de groupe, invitant les députés à déjeuner ou dîner par petits groupes, attentifs à leurs observations sur les projets de loi, démineur sur des sujets comme le lundi de Pentecôte, le premier ministre les "bluffe" , selon l'expression d'Henri Cucq, le ministre délégué aux relations avec le Parlement.
M. de Villepin soigne aussi ses relations avec son numéro deux, Nicolas Sarkozy. Contrairement à Jean-Pierre Raffarin, qui prenait soin de remettre à sa place, publiquement ou en face-à-face, son turbulent ministre à chaque fois que celui-ci franchissait la ligne jaune, M. de Villepin laisse M. Sarkozy "s'agiter" , selon l'expression d'un membre du gouvernement. La seule véritable mise au point du premier ministre a concerné les propos de M. Sarkozy sur la "responsabilité des juges" . "Le premier ministre ne peut pas faire davantage car il s'adresse maintenant au président du principal parti de sa majorité" , persifle un proche du ministre de l'intérieur. Qu'importe, M. de Villepin parie que chaque jour qui passe assoira sa crédibilité. C'est sans doute pour cela qu'il égrène et célèbre avec délectation chaque mois qui passe.
Christophe Jakubyszyn
Commentaires
1. Le lundi 1 août 2005 à 21:50, par SarKozY News :: site
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