Un conseiller du Premier ministre assure que les contacts entre les deux hommes «sont très fréquents, quasi quotidiens. Ils ont un dialogue très franc. Tout est mis sur la table pour que le ministre de l'Intérieur se sente bien».

Pourtant, selon un dirigeant de la majorité, lors d'un échange durant le week-end, le Premier ministre ­ qui se garde bien d'alimenter publiquement la polémique ­ aurait posé la question de confiance à son ministre de l'Intérieur : «Fais-tu ou non encore partie du gouvernement ?» Sarkozy n'aurait pas dit non. Et se serait astreint à une certaine retenue. La même source prétend que cette «mise au point» était dictée par l'Elysée et souligne que «durant le dernier Conseil des ministres (le vendredi 15 juillet), le président n'a ostensiblement pas adressé la parole à son voisin de droite, le ministre de l'Intérieur».

Le très chiraquien président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, aurait publiquement relayé les interrogations de l'Elysée et de Matignon en demandant dimanche soir sur Europe 1 : «Que veut le ministre de l'Intérieur ? Veut-il sortir du gouvernement et apparaître comme une victime ? Veut-il montrer son indignation de ne pas avoir été désigné comme Premier ministre ? Peut-être. Veut-il empêcher la réussite du gouvernement pour mieux préparer sa carrière ? Peut-être. Tout ça n'a aucune importance», a estimé Jean-Louis Debré.

L'Elysée refuse d'accréditer cette thèse d'une riposte concertée, et joue l'indifférence. Se contentant d'un : «Pas de polémique». Histoire de toujours veiller à apparaître comme le camp agressé.