Angela Merkel et Nicolas Sarkozy revisitent l'axe Paris-Berlin et se souhaitent bonne chance pour leur course vers le pouvoir
Par Webloguer, mardi 19 juillet 2005 à 20:42 :: Strategie Presidentielle et accords :: #47 :: rss

Angela Merkel
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se souhaitent «mutuellement toute la réussite» pour leurs «campagnes électorales»
PARIS (AP) -- «Nous pouvons nous souhaiter mutuellement toute la réussite voulue pour nos campagnes électorales», a lancé mardi la candidate conservatrice à la chancellerie allemande Angela Merkel, reçue par un autre probable candidat, à la présidentielle française, Nicolas Sarkozy. Le président de l'UMP a reçu la présidente de la CDU au siège de son mouvement. Auparavant, Mme Merkel avait rencontré le président Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin. Angela Merkel a refusé de rentrer dans les débats intérieurs en précisant où, de l'Elysée ou de l'UMP, elle s'était sentie la plus à l'aise. «Moi, j'étais à l'aise chez tous mes interlocuteurs» et «j'ai été accueillie très, très bien partout», a-t-elle déclaré. «Evidemment, si on commence à penser aux campagnes électorales, il va de soi que là je m'exprimerai avec un petit peu plus de nuance», a-t-elle toutefois ajouté. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont en tout cas affiché une «identité de vues totale», selon l'expression du président de la formation de la majorité. Les deux dirigeants de parti ont ainsi plaidé pour un «partenariat privilégié» avec la Turquie plutôt que pour son adhésion à l'Union européenne. De même, ils ont souhaité une modernisation du modèle social européen. «Nous pensons que la meilleure façon de faire rayonner notre modèle dans le monde (...) c'est d'avoir des meilleurs résultats», a expliqué M. Sarkozy. Mme Merkel et M. Sarkozy ont par ailleurs réaffirmé en choeur leur attachement au couple franco-allemand. Simplement, «nous pensons que cet axe doit être refondé, car l'amitié entre la France et l'Allemagne, qui est indispensable, ne doit pas se faire contre les autres mais pour les autres», a expliqué le ministre d'Etat. «L'axe franco-allemand est indispensable, mais plusieurs fois dans le passé il a été vécu comme une menace ou comme une inquiétude par nos autres partenaires», a-t-il déploré. «Ce que nous voulons, c'est que cet axe ne soit pas exclusif d'une amitié et d'un travail avec les autres, au premier rang desquels se trouvent le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie.» «Les autres pays ne doivent pas avoir l'impression que nous décidons tout par dessus leur tête», a approuvé Mme Merkel. AP
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Angela Merkel et Nicolas Sarkozy revisitent l'axe Paris-Berlin
PARIS (Reuters) - En visite à Paris, Angela Merkel, candidate de l'opposition à la chancellerie allemande, a insisté sur le "rôle moteur" de l'axe Paris-Berlin mais n'a éludé aucun des dossiers, de la PAC à la Turquie, qui l'éloignent de Jacques Chirac pour la rapprocher de Nicolas Sarkozy.
"Les relations franco-allemandes ont toujours été un moteur de l'intégration européenne et ce rôle moteur doit continuer à l'avenir", a déclaré la chef de file de la CDU, donnée favorite en cas de législatives anticipées en septembre.
Merkel s'est efforcée, lors d'entretiens successifs avec le président Jacques Chirac, le Premier ministre Dominique de Villepin et l'état-major de l'UMP, de se situer "dans la continuité" des chanceliers chrétiens-démocrates et francophiles que furent Konrad Adenauer et Helmut Kohl.
Elle a notamment jugé que la relance de l'Union après l'échec, le mois dernier, du Conseil européen de Bruxelles, passait par "l'approfondissement de l'Europe politique", credo de longue date du couple franco-allemand face au "grand marché" que prônerait Londres.
"IDENTITE DE VUE TOTALE" SUR LA PAC ET LA TURQUIE
La candidate de la CDU, en pleine campagne électorale malgré l'incertitude juridique qui plane encore sur la tenue du scrutin, a cependant dénoncé la "relation trop exclusive" tissée par le chancelier Gerhard Schröder avec Jacques Chirac.
"Il faut veiller à ce que tout le monde puisse venir à bord, surtout les petits pays. Il ne faut pas les laisser au bord de la route", a déclaré Merkel, originaire d'Allemagne de l'Est et désireuse de jouer un rôle de "médiateur" avec les nouveaux Etats membres.
Dans son programme dévoilé le 11 juillet, la CDU insistait également sur la nécessité de "revigorer" les relations avec Washington, ternies par l'opposition virulente de Chirac et Schröder à l'engagement militaire américain en Irak.
Merkel a expliqué que ses rencontres avec Chirac et Villepin avaient été "trop brèves" pour aborder en détail la réforme du budget européen et la Turquie, sujets sur lesquels la CDU est en net désaccord avec l'actuel chef de l'Etat français.
Nicolas Sarkozy, qui partage sur ces dossiers les positions des conservateurs allemands, n'a en revanche pas manqué de souligner, lors d'une conférence de presse commune au siège de l'UMP, "l'identité de vue totale" entre son parti et la CDU.
Merkel et Sarkozy ont prôné ensemble un "partenariat privilégié" avec la Turquie, contre l'intégration européenne défendue par Chirac et Schröder. Le président de l'UMP a ensuite laissé son invitée développer son projet de "renationalisation partielle" de la PAC, destinée à diminuer le poids des subventions agricoles sur le budget européen sans pénaliser les exploitants.
TRIANGLE SARKOZY-BLAIR-MERKEL
Cette convergence sur les questions européennes se double, pour ces deux incarnations de la rupture générationnelle à droite, de convictions politiques qui les situent dans une mouvance plus anglo-saxonne que continentale.
Merkel a martelé son attachement à la "flexibilité", "l'innovation" et la "réforme du modèle social", avant de dénoncer "la bureaucratie excessive" accusée d'éloigner les citoyens des questions politiques.
Certains analystes estiment que l'Union européenne pourrait rapidement s'articuler autour d'un triangle Merkel-Blair-Sarkozy, jugé plus solide que l'éphémère axe Blair-Schröder-Jospin, si le chef de l'UMP remporte la présidentielle de 2007.
Interrogée sur sa proximité avec "le post-gaulliste Sarkozy plutôt qu'avec le gaulliste Villepin", Merkel s'est retranchée derrière un prudent: "Au sein du gouvernement français, il y a des ministres de traditions différentes qui travaillent très bien ensemble."
"L'UMP et la CDU se souhaitent un succès mutuel pour leurs échéances électorales respectives", ajoutait-elle deux heures plus tard, aux côtés d'un Sarkozy rayonnant.
Commentaires
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