La présidentielle de 2007 se traduira "par une volonté de rupture", selon Nicolas Sarkozy

PARIS (AP) - Critiqué par les chiraquiens après ses attaques contre Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy réplique mardi dans "Libération" en assurant respecter "sa personne et sa fonction", tout en estimant que la présidentielle de 2007 se traduira "par une volonté de rupture".

En 2002, "je disais qu'il fallait aller plus vite, plus loin, plus fort. Je n'ai pas changé d'avis", souligne le ministre de l'Intérieur. "J'ai la conviction même que 2007 ne se traduira pas par un désir d'alternance, mais par une volonté de rupture".

Dans ce contexte, "je ne crois pas que la volonté de lucidité, le parler-vrai, et la liberté de ton soient des défauts", répond-il à ceux qui l'accusent d'affaiblir la fonction présidentielle en attaquant Jacques Chirac. "C'est un débat d'idées beaucoup plus libre dont nous avons besoin".

M. Sarkozy assure travailler "main dans la main" avec le Premier ministre Dominique de Villepin. Simplement, "chacun met de l'eau dans son vin". Interrogé sur une éventuelle candidature de M. De Villepin en 2007, Nicolas Sarkozy souligne qu'il "n'y a pas de candidat autoproclamé, unique et obligatoire" de l'UMP. "J'ai fixé un calendrier, je m'y tiendrai, et je ferai voter les militants".

"Quant à Jacques Chirac, j'ai toujours respecté sa personne et sa fonction et je continuerai de l'aider pour que le bilan de son quinquennat soit le plus positif possible".

"Les observateurs montent en épingle la moindre déclaration", déplore-t-il. "Un petit nombre de personnes dans la majorité veulent faire se fâcher les montagnes et envenimer les choses", mais "cela ne me détournera pas de mon chemin", affirme le président de l'UMP. "Je suis serein et déterminé".

Le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a reproché dimanche à Nicolas Sarkozy de "mettre en cause les institutions mêmes de la Ve République" en critiquant Jacques Chirac. "Que veut le ministre de l'Intérieur? Veut-il sortir du gouvernement et apparaître comme une victime? Peut-être. Veut-il montrer son indignation de pas avoir été désigné comme Premier ministre? Peut-être. Veut-il empêcher la réussite du gouvernement pour mieux préparer sa carrière? Peut-être", avait-il dit.

Interrogé sur le "plan d'urgence" pour l'emploi de Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy le juge "utile", estimant qu'il "portera ses fruits". Mais "le Premier ministre a été au bout des marges de manoeuvre qui sont les siennes".

Pour M. Sarkozy, "le modèle social français n'est plus une question taboue" et il veut faire "des propositions pour l'améliorer afin qu'enfin l'objectif du plein emploi soit possible". Il en fera aussi "pour réformer l'ISF, dont certaines modalités constituent un obstacle à la compétitivité de notre pays, même si le principe d'un impôt sur la fortune est juste".

Après les attentats de Londres, le ministre de l'Intérieur réaffirme par ailleurs sa volonté d'être "beaucoup plus sévère à l'endroit de ceux qui embrigadent les jeunes kamikazes". Il entend pour cela "relancer les procédures de déchéance de nationalité à l'égard des imams français qui tiennent des discours violents et intégristes, expulser systématiquement ceux qui ne respectent pas nos valeurs et ne sont pas français, et renforcer la vigilance sur les lieux de culte où des habitudes extrémistes ont été ancrées. Ce sera tolérance zéro".

Pour autant, il récuse toute idée de "lepénisation" de l'UMP. "C'est faux" et "insultant". Les électeurs du Front national "étaient républicains avant de basculer au FN. Doit-on les déchoir de leur droit de vote ? (...) J'essaye de ramener dans le giron républicain ceux qui ont voté FN", explique-t-il.

Pour le président de l'UMP, "il n'y a plus de territoire interdit. Il n'y a que des électeurs qui attendent des politiques qu'ils agissent avec vigueur pour changer leur quotidien".



Nicolas Sarkozy estime que la France a besoin "d'un débat d'idées beaucoup plus libre" et que l'élection présidentielle de 2007 se traduira "par une volonté de rupture", dans un entretien à Libération à paraître mardi.

"La réponse à la crise de la politique n'est pas institutionnelle. C¹est un débat d¹idées beaucoup plus libre dont nous avons besoin", plaide le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur.

"J¹essaye de le faire avec l¹UMP pendant qu¹au PS, c¹est l¹encéphalogramme plat ! François Hollande, c¹est l'Hibernatus de la politique: je ne dis rien, je ne pense rien, je ne propose rien", ajoute-t-il.

"Le débat sur le rythme du changement, lui, remonte à 2002. A l¹époque, je disais qu¹il fallait aller plus vite, plus loin, plus fort. Je n'ai pas changé d'avis et j'ai la conviction même que 2007 ne se traduira pas par un désir d¹alternance mais par une volonté de rupture", déclare M. Sarkozy.

Il estime que le plan d¹urgence pour l¹emploi "est utile et portera ses fruits", mais réaffirme que "le +modèle social français+ n¹est plus une question taboue".

"Je ferai des propositions pour l'améliorer afin qu'enfin l'objectif du plein emploi soit possible. J¹en ferai aussi pour réformer l¹ISF dont certaines modalités constituent un obstacle à la compétitivité de notre pays même si le principe d'un impôt sur la fortune est juste", indique-t-il.