Perpignan : retour sur l evenement qui embrasa cette ville
Par Webloguer, jeudi 30 juin 2005 à 10:44 :: Le communautarisme et la Nation francaise :: #23 :: rss
Deux drames mortels (Driss Ghaib) ont touché des habitants des quartier Saint-Jacques. La tendance communautariste s est re révélée, malgré les efforts décennaux de mêler des francais musulmans à d autres francais gitans. Jean-Paul Alduy est accusé de clientélisme, qui a abouti a ce résultat.
"Qu’ils soient de culture gitane ou d’origine maghrébine et même encore ceux "dits de souche", tous ces français sont au bout du compte victimes d’une gestion clientéliste, politicienne et irresponsable"
Jean-Paul Alduy, Maire de Perpignan, accusé de clientelisme malsain.
(lu sur oumma.com)
Indépendant politiquement, idéologiquement et financièrement, spontané et citoyen, le Collectif Résistances est né au moment même du soulèvement de révolte qui embrasa la ville de Perpignan, quelques heures après l’assassinat de Driss Ghaib sous une caméra de « protection » comme le précise monsieur le maire, mais une caméra, nous dit-il, « factice. »
Nous étions au cœur des événements lorsque, sous pression, nous tenions néanmoins à rapporter la violente réalité que nous vivions : régnaient les peurs, les rumeurs, la panique qu’une tristesse, une colère et un sentiment d’abandon nourrissaient. Des larmes mouillaient des visages tendus et inquiets : jamais le sentiment d’injustice n’était aussi fort. Des arrestations arbitraires, des brutalités policières, des provocations musclées, une inégalité sécuritaire d’un côté, et un déséquilibre judiciaire, un favoritisme clientéliste, un laisser-aller inique de l’autre, alimentèrent un "ras-le-bol" légitime, une incompréhension exaspérante et une colère sociale qui explosèrent cette nuit du 29 mai 2005.
La volonté était d’expliquer dans quelles logiques ont été placés les protagonistes de ces drames. Qu’ils soient de culture gitane ou d’origine maghrébine et même encore ceux "dits de souche", tous ces français sont au bout du compte victimes d’une gestion clientéliste, politicienne et irresponsable. Victimes d’une politique dénuée d’ambitions socio-économiques face à l’échec scolaire, à la dégradation sanitaire et à la précarité. Victimes également d’un traitement néocolonial des communautés prises en otage par des méthodes de cloisonnement qui gênent toute rencontre au-delà du folklore culturel, et qui empêchent une véritable mixité sociale. Perpignan paye le prix fort : pendant que certains chiffrent les dégâts matériels que l’on réparera, d’autres pleurent des vies qui, à jamais, nous ont quittés.
« Je ne changerai pas de politique ! »
Les différents quartiers de la ville sont devenus de véritables "bombes sociales". Des années durant, au quotidien, une violence symbolique, silencieuse mais bien réelle, a fini par tuer : racisme, discrimination au travail, au logement, inégalité des chances, citoyenneté refoulée, communautarisme entretenu, instrumentalisation des religions, traitement néocolonial, précarité et difficultés socio-économiques, justice inégalitaire... sont le lot des « indigènes de la République. »
Jean-Paul Alduy hérite et pérennise une gestion communautariste qui cloisonne, au-delà même des communautés, les citoyens placés dans des perspectives du toujours plus au détriment du toujours mieux, favorisant le projet de l’intérêt particulier à celui de l’intérêt général. N’avoir comme élément de réussite qu’une politique culturelle exotique « où se mêlent un même rap, une même salsa, un même raï... » est l’aveu de l’absence de projet politique global, responsable et soucieux des attentes et aspirations de chacun. L’exemple type de la "casa musicale" n’est qu’une solution partielle et ô combien insuffisante. Danser et se distraire un moment, ensemble, au-delà de nos différences, ce n’est pas travailler, construire et vivre ensemble, dans des perspectives communes.
Si pour le maire de Perpignan, ces terribles événements ne sont qu’« un cauchemar » qu’il convient d’oublier, pour nous autres, il s’agit du résultat bien réel de cinquante années d’Alduysme, sans alternance politique : un échec que refuse d’admettre la municipalité entêtée à vouloir, malgré tout ce que nous avons pu vivre ces jours-ci, malgré des morts, ne pas changer de politique et continuer, droit dans le mur, à jouer avec nos vies.
Pour ne plus revivre cela, il faut du changement !
La République semble vouloir rester aveugle et sourde aux cris de ses enfants qui se sont sentis, ce soir-là, complètement abandonnés, orphelins... Ainsi le ministre de l’intérieur, le trop médiatique Sarkozy, vient en bon paternaliste promettre une dure punition à ceux qui ne réclament sans cesse que l’application égalitaire de leurs droits, mais que l’on refuse sans cesse d’entendre. Nous sommes face à un autisme politique. La tentative de sauvetage de Jean-Paul Alduy par le président de l’U.M.P. aurait-elle eu lieu si la mairie de Perpignan n’était pas du même bord politique ? Ils cachent mal leurs ambitions électorales qui animent leurs démarches. Attendre d’eux du changement, c’est déjà désespérer !
Un lynchage à mort, une exécution sommaire et un soulèvement de colère n’étaient pas de simples faits divers dans une ville un peu à part. En réalité, les ingrédients qui ont permis à Perpignan d’en arriver là, sont ceux d’un pays tout entier, d’une France en panne de projet de société. Que Perpignan soit un exemple, un « modèle » selon le sociologue Michel Wierworka, ne fait pas l’ombre d’un doute, encore faut-il en tirer les leçons. Que ceux qui pratiquent ou seraient tentés par ce type de politique irresponsable en soient avertis ! Nous exigeons, au nom de tous les citoyens de Perpignan et de tous ceux épris de droit et de justice, que toute la lumière soit faite sur les conditions sociales et politiques qui ont conduit à l’embrasement de la situation à Perpignan et que tous les responsables soient clairement identifiés et sanctionnés.
Une véritable conscience citoyenne est mobilisée, appelant la société française entière au débat pour construire un projet de société non plus exclusivement à partir du politique, mais aussi à partir du citoyen. Pour que nous n’ayons plus jamais à revivre cela, des changements profonds sont plus que nécessaires : Faire une « Politique autrement » ! Nous sommes dès lors tous responsables de l’avenir :
A vos crayons, plumes et cerveaux : l universalisme ou le differentialisme a l americaine ? l intégration ou la désintégration pour la France?
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