Nicolas et Nicolas : celui du NON veut rejoindre celui du OUI
Par Webloguer, mercredi 29 juin 2005 à 12:09 :: Strategie Presidentielle et accords :: #17 :: rss
Quand un Nicolas se fraie un chemin vers un autre Nicolas.

Pour rappel : 54% des français ont voté NON au référendum. Nicolas Sarkozy peut il faire autrement que compter sur l allié du camp du NON ? NON !
Chef de file du non au sein de l'UMP, Nicolas Dupont-Aignan veut profiter de l'échec du référendum constitutionnel pour renforcer ses positions. Il réunit aujourd'hui à Paris les cadres et les élus de son club, Debout la République, pour tirer les leçons du 29 mai et leur annoncer la création d'un groupe de parlementaires qu'il a baptisé les Républicains. Dix députés et trois sénateurs du parti majoritaire ont répondu à son appel, parmi lesquels Jacques Myard, président du cercle Nation et République, Philippe Marini, rapporteur général de la commission des finances au Sénat, Philippe Pemezec, qui avait lancé à l'Assemblée la mobilisation contre l'adhésion de la Turquie à l'Union, ou encore l'ancien ministre de l'Agriculture François Guillaume.
Ensemble, ils ont signé un texte pour «une nouvelle France dans une autre Europe», qu'ils ont l'intention de décliner sous la forme de «cinq orientations urgentes pour l'Europe et dix priorités pour la France». Les 9 et 10 septembre, ils tiendront une université d'été à Dourdan pour présenter un «projet pour 2007» sur lequel ils vont travailler cet été. Dans leur profession de foi, ils affirment vouloir «contribuer dans la franchise et la loyauté à l'action de redressement national entreprise par le gouvernement», dont ils entendent être «l'aiguillon exigeant et constructif». «Exigeant», selon Nicolas Dupont-Aignan, au point d'envisager de ne pas voter la semaine prochaine le projet autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances.
Le député de l'Essonne affirme attendre des «précisions» sur les mesures antichômage de Dominique de Villepin pour arrêter sa position. L'abstention le tente, mais il ne veut pas risquer de se fâcher avec ses nouveaux amis, notamment les sarkozystes comme Lionnel Luca et Philippe Marini. Du moins, tant qu'il n'aura pas obtenu de Nicolas Sarkozy les moyens de structurer la sensibilité «républicaine et populaire» qu'il se fait fort d'incarner.
Le président de l'UMP a reçu Nicolas Dupont-Aignan et quelques-uns de ses proches lundi dernier. Toujours hostile à la création de courants dotés d'un budget propre, il ne s'est pas montré plus enthousiaste à l'idée de laisser le député de l'Essonne transformer Debout la République en parti associé. Le Parti radical d'André Rossinot bénéficie de ce statut et des avantages qui vont avec : une dotation versée chaque année par l'UMP et des places réservées dans ses principales instances décisionnelles, notamment la commission nationale des investitures électorales.
Nicolas Sarkozy a expliqué à ses interlocuteurs qu'il est prêt à leur faire une place dans l'appareil, à condition de ne pas créer une «division» nouvelle au sein du parti majoritaire. Il a invité Nicolas Dupont-Aignan à revenir le voir la semaine prochaine avec des propositions respectueuses de l'unité de l'UMP. Un casse-tête que le leader des Républicains résume à une question : comment exister quand on est «coincé entre un Sarkozy et un Villiers» dans un horizon borné par la présidentielle de 2007 ?
Commentaires
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